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Un curieux transfert d'immeuble La tannerie ABGRALL de Lampaul-Guimiliau I - L'activité de la tannerie Pour mieux cerner le transfert d'immeuble de la tannerie ABGRALL de Lampaul-Guimiliau sur le site des Moulins de Kérouat, il est important de comprendre le processus originel de cette industrie. Depuis des siècles, l'homme travaille les peaux. Les anciennes civilisations connaissent déjà le tannage végétal ainsi que le tannage à l'alun, sel aux propriétés astringentes jusqu'au XIXème siècle, les techniques, les méthodes de tannage restent les mêmes, la fabrication du cuir relève d'un savoir-faire, c'est un travail manuel qui suit des procédés secrets de fabrication. Le tannage est précédé de la préparation des peaux qui peuvent être de bœuf, de vache, de veau, de mouton ou de sanglier. Lorsque ces dernières arrivent à la tannerie, elles sont salées pour leur conservation, on les dits « vertes ». Le travail de rivière peut alors commencer, ce travail se subdivise en cinq étapes : tout d'abord le tanneur doit débarrasser la peau du sel, les peaux sont disposées agitées dans les eaux de la rivière, trempées dans les bacs d'eau renouvelée, ou alimentés en eau courante. Le dessalage dure environ huit jours. ensuite les peaux sont disposées pour être pelanées dans des bacs contenant de la chaux vive appelés « pelains ». Cette opération de pelanage sert à relâcher le poil. Le tanneur laisse reposer les peaux pendant huit jours. Quotidiennement pendant cette période, à l'aide de pinces le plus souvent en bois, il les sortait pour les défroisser puis les replonger dans la solution d'eau et de chaux. Cette opération est appelée chaulage. Vers 1910 du sulfure de sodium est ajoutée à la chaux vive pour éliminer la kératine, substance épidermique. Parfois il protégeait la peau de ses mains en les trempant dans un vieux jus de tanin. Puis suit l'ébourrage, avec une lame courbe sans tranchant à deux manches, l'ouvrier enlève les poils de la peau sur des chevalets semi-inclinés en hêtre, plus tard en tôle. Après un premier rinçage, il s'agit d'éliminer chair et graisse, c'est l'écharnage. « Côté fleur », les peaux sont encore lavées pour les nettoyer et éliminer la chaux excédente. Les peaux étaient plongées dans des bassins de vieux jus de tanin devenus acides pour neutraliser la chaux, c'est le déchaulage. Plus tard les tanneurs utiliseront des produits chimiques. A ce stade, la peau est dite « peau en tripe ». II - Le tannage consistait en trois étapes : Le « repos » dure environ un mois, dans des cuves en bois de chêne ou de châtaignier d'environ 1.80 m de profondeur étanchéifiées par une couche extérieure de coaltar, ou goudron de houille, cuves qui contiennent les solutions de tanin et sont appelées « basseries ». Le second moment du tannage est le « refaisage ».Une fosse accueille les peaux, dans le fond repose un jus de tanin, les peaux sont recouvertes de tan puis superposées. Après quoi les peaux sont déposées dans des « fosses de transition » en chêne ou châtaignier enterrées, elles sont tassées par les tanneurs qui les piétinent équipés de semelles plates en bois, par dessus les peaux sont recouvertes d'environ 40 cm de tannée, tan dépourvu de tanin dont le rôle était protecteur contre le soleil ou les gelées, de plus de l'eau était ajoutée. Le tanneur avait pour devise « tan et temps », en effet il pouvait s'écouler deux voire trois ans avant de sortir les peaux de la fosse. Mais la fabrication d'extraits de tanin réduit considérablement le temps du traitement de neuf à douze mois. La tâche se simplifie encore lorsque pour agiter les peaux est mis au point un équipement comportant des baguettes de bois ou des cordes fixées sur un cadre relié à un système de poulie. Cet équipement finira par être motorisé. Les peaux sorties de leur macération sont entreposées dans un séchoir, dont l'ossature est équipée de lattes de bois réglables pour aérer. elles y séjournaient deux semaines. Parfois un champignon « l'asper gillus niger » se développait sur le cuir, le noircissant, dans ce cas un nouveau traitement au tanin dans la fosse s'imposait. Par le tannage, le cuir est devenu imputrescible et imperméable, l'ensemble de ces opérations se réalisaient dans la tannerie ABGRALL. |
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Lampaul-guimiliau.com |

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La tannerie Abgrall aujourd'hui à Kerouat en Commana |

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Chateaurenault (Indre et Loire) Tanneurs effectuant le travail de rivière |
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La toile |
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