III - SYNTHESE


L'enclos paroissial de Lampaul-Guimiliau est complet. Il représente les différentes étapes de la vie et la mort, de la naissance au décès, dans les fonctions des différentes composantes. L'enclos, lieu sacré consiste en un mur bas qui ceint l'ossuaire, le cimetière, le calvaire et l'église : on y accède par une porte triomphale.

Dans l'église, La séparation des espaces est soulignée par la poutre de gloire séparant le clergé des fidèles, mais aussi dans l'agencement du mobilier, stalles, retables, chaire, fonts baptismaux, orgues. La séparation et la composition des espaces, comme la disposition des édifices obéissent à des constantes. L'arc de triomphe se situe souvent au Sud-Ouest de l'édifice comme à Guimiliau ou à Sizun. La place la plus commune de l'ossuaire est à l'Ouest ou au Sud-Ouest comme ici, à Sizun, à Saint-Thégonnec. Le calvaire se situe toujours à proximité du porche Sud. L'église occupe en général le centre de l'enclos, suivant l'orientation Est-Ouest. Autour de l'église était disposé le cimetière comme il l'est toujours à Ploudiry ou à Locmélar.

L'enclos de Lampaul-Guimiliau suit toutes ces règles en relation avec le lever et le coucher du soleil. Les façades Sud et Est sont toujours les plus décorées. Les programmes iconographiques des décors des murs et du mobilier sont réfléchis. Ils servent à l'enseignement populaire que ce soit au travers du calvaire, des statues des apôtres sous le porche ou des retables de la Passion ou du Grand Prêtre (...), mais aussi à la liturgie. Dans l'iconographie employée, l'influence d'ateliers locaux, régionaux, français et européens est perceptible. La circulation des modèles anversois et italiens a été importante au XVIIème siècle. Elle se ressent dans les retables et la Mise au tombeau.

L'atelier du Château de Kerjean, de la Seconde Renaissance, qui possédait probablement les Traités d'architecture de Philibert de L'Orme et d'Androuët du Cerceau, a eu une influence incontestable dans la région et sur l'enclos de Lampaul, notamment sur la façade Nord de l'église. En 1875, l'église était encore couverte d'une charpente de style gothique Flamboyant. Les sablières polychromes étaient décorées  des instruments de la Passion comme dans la Chapelle du Château de Kerjean. Le modèle du chevet à trois pans de Philippe Beaumanoir a été de même très diffusé, on le retrouve sur l'église, l'ossuaire et la sacristie.

Dans l'enclos de Lampaul-Guimiliau se côtoient le style gothique par le porche méridional, les fenêtres et les gâbles, le style de la Seconde Renaissance par la façade Nord, le Classicisme par la sacristie, le Baroque par les retables et les fonts baptismaux, et le néogothique dans les vitraux du XIXème siècle. Ces différents styles suivent l'évolution progressive de l'architecture.

La cohérence des constructions rend l'ensemble homogène même si quelques maladresses sont visibles, comme à l'angle du mur Nord et de la sacristie ou la disproportion de la balustrade de l'arc de triomphe. L'aspect démesuré du clocher-tour par rapport à la nef et ses collatéraux, s'explique par la rivalité entre trève et paroisse-mère, par la prospérité du bourg de Lampaul et par la présence des évêques du Léon au village de Coat-an-Escop. Pour les Fabriciens, il s'agissait constamment d'agrandir les constructions et d'embellir l'enclos autant par le décor extérieur que par le mobilier riche et abondant comme les retables, les statues, par exemple le groupe de Pitié ou les statues de Saint Pol ou de la Vierge. Au centre du bourg, géographiquement comme humainement, L'enclos s'est développé au fil des siècles, constituant une véritable richesse artistique.

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