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2- LA SACRISTIE (1673-1679) La sacristie occupe le mur Nord au niveau de la première travée du bas-côté. Son plan est rectangulaire et à pans coupés. A l'Ouest sur l'entablement au-dessus du vantail est inscrit «A. et Y. POVLIQVEN. LORS. FABRIQUE. 1673 ». La partie irrégulière de l'appareil du mur Sud se remarque et se répercute sur l'angle formé avec la sacristie. Dans la partie inférieure, on distingue les blocs de granit du moellon. Dans la partie supérieure, l'appareil est coupé irrégulièrement et n'est pas joint au mur de l'église. Les corniches qui courent sur l'édifice et les contreforts sont coupées : elles s'arrêtent à quelques centimètres de l'angle. La sacristie est à étage avec une tourelle d'escalier demi hors-d'œuvre sur le côté Est. Devant les fenêtres sont placés des barreaux remplaçant les vieilles grilles disparues Cette sacristie à pans coupés est de type Beaumanoir. Elle servait à entreposer et protéger le Trésor, l'orfèvrerie, l'argent, les titres de propriété et livres de compte des Fabriciens. J. M. Abgrall dans sa Notice sur l'église de Lampaul-Guimiliau donne la description suivante « ... Elle était couverte d'une toiture en pavillon avec deux beaux épis ou deux belles urnes en plomb au-dessus des poinçons des croupes... ». Il faut restituer à la sacristie une toiture à l'impériale comme celle de la sacristie à pans coupés de Bodilis 1680-1682, construite par Christophe Kérandel. 3- L'OSSUAIRE (1667) L'ossuaire appelé chapelle de la Trinité est placé dans le cimetière au Sud-Ouest de l'église. Le 14 août 1667, l'ancien ossuaire est démoli pour être agrandi par Guillaume Kerlezroux, architecte de la tour de l'église de Pleyben 1633-1642. Sous la fenêtre Sud-Est est inscrit : « I. GOFF. I. GVILLOV. F. 1667 », noms des Fabriciens et date de construction. La façade Est est la seule ornée (le mur Ouest aveugle constitue une partie du mur d'enceinte) : l'arc en plein cintre de la porte se compose de voussures très développées. Le claveau central prend la forme d'une console. Des colonnes à chapiteau ionique reposant sur un pilastre orné d'un losange encadrent la porte. De cette façade, il se distingue deux registres voire trois. En effet, la partie inférieure se constitue du soubassement et d'une frise de décoration présentant des visages simplifiés ronds et des rosaces disposés par paire entre de petits pilastres décorés de motifs végétaux en bas-relief. Ce type de visage semble assez courant, on les retrouve sur le chevet de l'église de Bodilis. Le second registre s'organise en cinq fenêtres en plein cintre dont le claveau supérieur est traité sous forme de console comme celui de la porte. Ces fenêtres sont encadrées de colonnes doriques et soulignées d'une corniche. Une fenêtre est disposée à gauche de la porte et les quatre autres à droite. Un bénitier est placé au niveau des fenêtres, entre la colonne ionique à droite de la porte et la colonne dorique de la première fenêtre. Un entablement sépare le deuxième registre du troisième. Il est sculpté d'une frise de losanges en bas-relief comportant des motifs géométriques, rosaces, losanges. Au-dessus de la porte, l'entablement fait légèrement saillie, créant un entablement propre à la porte, portant l'inscription « MEMENTO MORI », achevée d'une rosace, signifiant « Souviens-toi que tu vas mourir ». Le troisième et dernier registre se compose d'un fronton semi-circulaire qui surmonte l'entablement de la porte, fronton qui est rompu par une niche haute et étroite encadrée de pilastres, couronnée d'une coquille. La niche abrite une statue du Christ tenant en sa main gauche un globe et bénissant de sa main droite, réalisée par Roland Doré, sculpteur Landernéen. A droite du fronton, on peut dénombrer huit niches identiques à la précédente, à coquille et encadrées de pilastres et trois à gauche. Sur l'entablement supportant la toiture court un réseau d'entrelacs interrompu au-dessus de la statue du Christ par deux têtes de mort entre des tibias croisés. Les pans Sud-Est et Sud-Ouest comportent une fenêtre et au niveau du soubassement une petite ouverture (celle du Sud-Est est bouchée) éclairant une crypte semi-enterrée. La porte principale, vantail de chêne sculpté représente un arbre. Le tronc de l'arbre orné de pampres de vigne et d'oiseaux occupe le milieu vertical de la porte. De part et d'autre du tronc sont organisés trois panneaux, soit six panneaux en trois registres. Le registre inférieur représente deux panneaux carrés où dans les angles quatre tiges s'épanouissent pour donner naissance à une fleur centrale. Les panneaux médians comportent également un motif floral. Quant au registre supérieur, la hauteur des panneaux est le double de leur largeur. Ces deux panneaux rappellent le décor gothique, suggérant un vitrail à trois lancettes surmontées d'une rosace. Le sommet du tronc se divise en cinq branches. Les deux branches inférieures portent une colombe. Entre les deux branches supérieures et la branche médiane sont sculptés deux visages, l'un barbu, l'autre imberbe, symbolisant la Trinité et l'Arbre de Vie, iconographie rare sur une porte. La porte Nord-Est correspondant à un pan coupé est également très intéressante. Elle est encadrée de pilastres en bas-relief ornés de chapiteau composite et de losanges. Un fronton triangulaire la surmonte. A l'intérieur du fronton sort un petit personnage en buste en haut-relief se tenant la barbe, et en haut du pan un buste d'homme en haut-relief qui serait le concepteur de l'ossuaire, comme sur la sacristie de Saint-Tugen à Primelin. Le type de personnage barbu se retrouve sur le porche méridional de Bodilis et du Folgoët. La conception de la façade Est est classique par les ordres architecturaux, mais dans les décors on perçoit des réminiscences gothiques et renaissances par l'utilisation de formes losangées notamment. Cet ossuaire a été inspiré de celui de La Roche-Maurice. On en a conservé les têtes et les tibias, excepté l'Ankou, allégorie Bretonne de la mort (représenté à la Roche-Maurice avec une flèche) et la danse macabre. La statue du Christ de Roland Doré est comparable au Christ en majesté du porche de l'enclos de Guimiliau qui porte dans sa main gauche le globe terrestre et bénit de sa main droite. L'architecte utilise pour cet ossuaire le type Beaumanoir à trois pans coupés. Ici il est intéressant de voir que le pan médian sert au soutènement de l'arc de triomphe. |
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Lampaul-guimiliau.com |

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Calvaire (XVIème siècle) au premier plan et ossuaire ou chapelle de la trinité (1667) à l'arrière plan (ci-dessus) |

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Vantail décoré de l'arbre de vie (ci-dessus) |
