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3- L'OSSUAIRE Les deux vitraux du chevet sont des réalisations de la fin du XIXème siècle de l'atelier Nicolas de Morlaix. Une Résurrection, une Nativité aux Rois Mages et un Saint-Guillaume sont représentés, ainsi que la Visite à Abraham des Trois envoyés de Dieu, « thème inhabituel en Bretagne, inspiré de l'iconographie byzantine » selon Y. P. Castel. - Le retable du Christ de Résurrection Le mur Sud du choeur est occupé par le retable de Christ de Résurrection. Ce retable se divise en trois travées. Deux colonnes torses ornées de pampres de vigne et de raisins picorés par des oiseaux, mettent en évidence chaque travée latérale comportant une niche abritant Saint Sebastien transpercé de flèches pour celle de gauche, Saint Roch montrant son bubon pour celle de droite. Au-dessus de ces niches se développe un décor de bouquets dorés, de volutes, de draperies bleues, de rubans rouges. Dans la travée centrale, la niche du Christ ressuscité est supportée par un angelot à quatre ailes. Le Christ esquisse un pas enlevé, élégant. La gestuelle accentue la Résurrection de ce personnage maniériste. L'entablement s'arrondit dans la partie centrale, et supporte un fronton curviligne rompu par un panneau représentant la colombe du Saint Esprit. Au-dessus Dieu le Père s'élance bénissant de sa main droite, tenant en sa main gauche un globe. A première vue ce retable représente une Résurrection , or il s'agit d'une Trinité. Le rôle intercesseur de ce retable baroque consistait à lutter contre les épidémies de peste. La clé de voûte du choeur, sculpté, se constitue d'une Trinité, accentuant le rôle du retable ainsi que celui de la chapelle ossuaire. - La Mise au tombeau (1676) Dans la crypte semi-enterrée était placée une grande Mise au tombeau de 1676, sculptée dans du tuffeau. Le linceul porte l'inscription « ANTHOINE FECIT ». Anthoine Chavagnac est sculpteur de la Marine à Brest. C'est très probablement par le Port de Brest que ce tuffeau, pierre calcaire de Touraine, a été livré. Sur le tombeau est inscrit « M : H. GVILLERM. R(ecteur) : M : C : ABGRALL : CVRE », indiquant le nom du Recteur de Guimiliau et celui du Curé de la trêve. Aux extrémités du tombeau Joseph d'Arimathie porte la couronne d'épine, Nicodème soutient le linceul aux pieds du Christ. A la droite de Nicodème se tient Gamaliel. De la gauche de Joseph vers la droite de Gamaliel sont disposées Salomé, Marie Madeleine séchant ses larmes, la Vierge soutenue par Saint Jean, et Marie mère de Joseph. René Couffon rapproche la tête du Christ de celle du Christ d'Urbino de Giovanni Bandini. Pour lui, les personnages féminins sont inspirés de modèles italiens et notamment de madones de Jacopo Sansovino. La composition est sans or clinquant, sans décor exubérant. La Mise au tombeau est livré à sa plus simple expression et émotion, de style classique, bien que quelques gestes indiquent une influence maniériste. Ce sépulcre craignant l'humidité est conservé dans l'église. L'ossuaire par son inscription memento mori, les tibias croisés et têtes de mort représente un aspect funéraire. La porte représentant l'arbre de vie et la Sainte trinité contredisent ce premier aspect. A l'intérieur, la Mise au tombeau, le retable de la Résurrection qui est davantage dédié à la Trinité évoquée dans la clé de voûte, forment un ensemble cohérent. L'idée de mort s'éclipse au profit de celle de la vie. Aucun corps n'a été inhumé dans cet ossuaire. Seuls les cercueils des défunts y étaient entreposés avant les obsèques. La fonction de cet ossuaire était de servir de chapelle ardente. |
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