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II - ETUDE DE L'INTERIEUR DES CONSTRUCTIONS 1- L'EGLISE Le plan rectangulaire de l'église consiste en une nef et deux collatéraux qui s'étendent sur sept travées de 6,40 mètres de largeur. L'abside mesure 4 mètres de profondeur. Les travées sont marquées par de forts piliers à fût cylindrique dans lesquels se noient les nervures des arcs brisés. L'orgue occupe la dernière travée Ouest. L'autel central néogothique occupe la première travée Est et les stalles la première moitié de la deuxième travée. Aujourd'hui la crypte semi-enterrée sous le sanctuaire a disparu. Chaque collatéral est éclairé par une série de fenêtres. L'entrée de l'église se fait par le porche sur le collatéral sud au niveau de la cinquième travée. - Le porche Le porche est couvert de deux voûtes quadripartites. Les deux clés de voûtes sont à noter, composées de deux anges tenant les instruments de la Passion pour l'une et d'un ange les bras en position de l'orant et d'un second tenant une banderole portant l'inscription « BONVM EST SPERARE IN DOMINO » ( Il faut mettre son espoir dans le seigneur) pour l'autre. Au fond du porche, deux portes jumelées, présentant des arcs en accolades surmonté d'un fleuron, sont séparées par un trumeau occupé par une colonne en nid d'abeille rompue par un bénitier décoré de registres à godrons, perles, modillons et entrelacs. De part et d'autre, dans les angles des portes sont placées au sommet de colonnes torsadée, à droite Saint Fiacre décapitée tenant une bêche et à gauche un saint non identifiable tenant un livre : un ange leur sert d'embase. Les douze apôtres occupent les parties latérales du porche : de gauche à droite, à l'Ouest sont disposés Simon tenant une scie, Thadée un hachoir, Mathieu une balance, Mathias un couteau, Thomas une lance, André une croix ; à l'Est, Pierre tenant une clé, Barthélémy une hachette, Philippe une croix, Jean un calice, Jacques le Mineur un bâton, Jacques le Majeur une coquille. Toutes ces statues sont dans des niches sous lesquelles les culots sont alternativement un ange tenant un phylactère ou une décoration végétale. Les niches sont surmontées de dais gothique Flamboyant, seul le dais abritant Saint Pierre est renaissant reproduisant des motifs antiques comme dans les chapiteaux composites. Il faut restituer à côté de Saint Pierre un petit candélabre qui était allumé pour l'Ascension des âmes. Ces statues du XVIIème siècle étaient polychromes, dans leur facture elles peuvent être rapprochée de celle de Landivisiau. Le bénitier est identique à celui de Landivisiau ou de Pencran, probablement fabriqué en série dans le même atelier. Le porche est essentiellement gothique La présence de bancs en pierre sous les statues s'explique par le fait que le porche servait de lieu de réunion au Conseil de Fabrique. - Les retables Le vitrail du bas-côté Nord se compose de morceaux des anciens vitraux de 1550 de ce même bas-côté. Le vitrail du bas-côté Sud se compose notamment de vitraux du XIXème siècle. Les vitraux du chevet datent de 1968, exécutés par le maître verrier Hubert de Sainte-Marie dont l'atelier est à Quintin. Ces vitraux font chatoyer les ors des six retables. Quatre retables sont placés de part et d'autre du sanctuaire dans les bras d'un transept non saillant. Deux autres retables sont placés avant le transept. Le retable de la Passion occupe l'extrémité Est du collatéral Nord. L'œuvre en bois polychrome date de la fin du XVIIème siècle. Il se divise en trois travées. Les travées latérales sont décorées dans la partie inférieure de médaillons, d'oves, d'arabesques, de vase à godrons portés par des putti. Elles contiennent dans des niches, la statue d'un évêque à gauche et celle de Saint Miliau à droite. Au-dessous de chaque niche est placé un bas-relief : sous la niche de Saint Miliau son propre martyre est représenté ; Saint Miliau décapité tient entre ses mains sa tête. Sous la niche de l'évêque est représentée la Nativité de la Sainte Vierge. Sainte Anne est dans un lit à fuseaux. Une femme tient la Vierge nouveau né, pendant qu'une servante déverse une cruche d'eau dans un bassin en forme de coupe. Des colonnes torses géminées à chapiteau corinthien, enroulées de pampres de vigne, encadrent la partie centrale en haut-relief qui se décompose en huit panneaux, huit scènes : la partie inférieure comprend à gauche la Cène et à droite le Lavement des pieds. ; au-dessus, les deux autres panneaux latéraux de gauche représentent le baiser de Judas et la flagellation du Christ. Au centre de cette partie centrale se déroule le Portement de croix et au-dessus la scène de la crucifixion. Les deux panneaux latéraux de droite représentent en haut la Descente de croix et dessous la Mise au tombeau. L'ensemble de ces huit scènes représentant la Passion du Christ est dominé par deux anges entourant la colombe du Saint Esprit dans une couronne de nuage rehaussée de trois têtes d'angelot symbolisant les cieux. L'entablement est embelli par des rinceaux et des guirlandes. Couronnant le retable deux anges musiciens et deux anges plus grands que les précédents encadrent le Christ ressuscité représenté sur un globe. Selon Michel de Mauny, la présence d'une sage-femme est rare dans l'iconographie de la Nativité de la Vierge. René Couffon attribue les panneaux de la partie centrale à un atelier anversois de Robert Moreau, après l'étude des personnages et notamment des costumes, ce qui permet également de dater ces hauts reliefs du XVIème siècle. De chaque côté du choeur, à gauche domine une statue de Saint Paul et au-dessous sont illustrés deux scènes de sa vie, la première où il est renversé de cheval sur la route de Damas et la deuxième où il est dans une corbeille descendue du haut de la muraille de Damas. A droite la statue de Saint-Pierre domine. Les lambris de ce côté ont été exécuté par François Lerrel de Landivisiau en 1684. |
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